Tranches de vi(e)gnes

Comme je l’évoquais en février dans un article sur Emmanuel Giboulot déjà lointain, mes derniers moi ont été pas mal consacrés aux travaux de la vigne du côté de Montlouis sur Loire. De la vie d’un domaine au quotidien je ne connaissais que les vendanges, ces 15 jours / 3 semaines coupés du monde, où l’on travaille beaucoup, dors peu et partage tant. Il me tenait à coeur de pouvoir faire une saison, de la taille au relevage. Et même si je suis arrivé après la taille, j’ai appris plein de choses durant 4 mois… Je vous passerais les détails techniques pour vous faire partager un petit « retour d’expérience ».

La vigne c’est quoi ? Bein c’est ça…

La vigne ça fait maigrir, le soufre ça pue, à chaque nouvelle tâche un nouveau bobo, on fait des kilomètres, les gars qui bossent dans l’ombre sont aussi passionnés que les vignerons, attacher des baguettes ça fait mal au dos, le gel fait peur, une vieille vigne c’est bien parce qu’il y a moins de ceps, la tenue de pluie c’est chiant, tendre les fils fait mal aux mains, dans les vignes on y bronze vite… mais mal, pour complanter on fait des trou avec une bicyclette !, le soufre ça pue, les outils c’est plus facile quand on s’en sert bien, tirer des Pet’Nat ça fait mal au dos, Gramatik ou -M- ou NTM ou Coldplay ça aide quand on ébourgeonne, changer un piquet c’est pas drôle, casser un fil c’est vraiment pas drôle, trouver une tire cassée c’est pas drôle du tout, complanter c’est : un trou, une poignée de terreau, une poignée d’engrais, un plant, de la terre, un arceau et un cache de protection, un Bobard 625 c’est mieux qu’un 621, biner les ronces c’est pire que biner le chiendent… ou l’inverse, le soufre ça pue, dans les vignes on rencontre des gens déçus de leur vie professionnelle qui viennent chercher un sens à ce qu’ils font, une mise en bouteille ça fait mal au dos, tout ce qui est enfoncé est dur à enlever et tout ce qui doit être mis en terre est dur à enfoncer, le vent fait peur quand les fils ne sont pas relevés, il faut savoir prendre le sol au bon moment pour bien le travailler, le soufre ça pue, relever les fils ça fait mal aux doigts, la pause de midi avec les potes ça fait du bien, les cépages à port retombant c’est pénible à relever, regarder en arrière après avoir relevé les fils c’est chouette, le matériel ça casse, devoir arracher une vieille vigne c’est triste, voie en planter une nouvelle c’est chouette.

Parcelle de « Poire Molle » – Montlouis sur Loire – Domaine Jousset

Voilà j’en oubli certainement, mais derrière tout cela il y a beaucoup d’investissement humain et financier, d’énergie et d’argent dépensés, de temps et de kilomètres parcourus, de joie et de regrets, d’espoir et de volonté. Au quotidien il y a les vignes avec les millésimes passés qui ont laissé leurs marques, les millésimes futurs auxquels on pense déjà et celui qui se prépare, si angoissant. Lorsque je suis parti tout était quasiment terminé, les seules angoisses qui restaient était le mildiou, les cochylis et les orages. Si pour les deux premiers les vignerons peuvent lutter, contre le dernier il n’y a rien à faire… si ce n’est laisser faire !

La vigne c’est aussi ça…

PS1 : l’orage n’a pas épargné Frédéric Palacios pour qui le millésime 2014 n’aura pas été plus loin que le 6 juillet… mais la solidarité s’organise pour l’aider et surtout lui donner des perspectives pour les prochains mois… plus d’infos dans un prochain post… nous comptons bien faire notre part !

PS2 : une pensée à celles et ceux, croisés au fil des vignes, et qui ont trouvé entre les rangs un refuge pour donner du souffle à leur vie professionnelle : Raphaëlle, Sandrine, Greg, Jérôme, Jérémy, bonne route à vous !

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